Méditations quotidiennes

Mardi 1er mars
La parabole est d’un grand enseignement pour chacun de nous. Jésus affirme que la miséricorde n’est pas seulement l’agir du Père, mais elle devient le critère pour comprendre qui sont ses véritables enfants. En résumé, nous sommes invités à vivre de miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait miséricorde. Le pardon des offenses devient l’expression la plus manifeste de l’amour miséricordieux, et pour nous chrétiens, c’est un impératif auquel nous ne pouvons pas nous soustraire. Bien souvent, il nous semble difficile de pardonner ! Cependant, le pardon est le moyen déposé dans nos mains fragiles pour atteindre la paix du cœur. Se défaire de la rancœur, de la colère, de la violence et de la vengeance, est la condition nécessaire pour vivre heureux. Accueillons donc la demande de l’apôtre : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (Ep 4, 26). Écoutons surtout la parole de Jésus qui a établi la miséricorde comme idéal de vie, et comme critère de crédibilité de notre foi : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). C’est la béatitude qui doit susciter notre engagement tout particulier en cette Année Sainte.
Notre Saint-Père le pape François, Misericordiæ Vultus
Mercredi 2 mars
Saint Joseph avait dans son cœur un triple amour.
L’amour de Dieu : saint Joseph était un homme “ juste ” nous dit l’Évangile, terme très rarement employé dans la Bible, car c’était extrêmement difficile de l’être, la loi ancienne étant beaucoup plus dure à pratiquer que la loi chrétienne. En plus des commandements, il y avait une foule de prescriptions ordonnées par les pharisiens. Saint Joseph observait toutes ces lois, ce qui prouve combien grande était sa vertu, son courage et sa sainteté.
L’amour de Marie : saint Joseph est l’époux de Marie, il a été son premier et le plus parfait serviteur de Marie en se sacrifiant pour Elle et pour son amour.
L’amour du prochain : nous le découvrons de manière voilée dans l’Évangile mais très réellement. Par les messages des anges, saint Joseph connaissait le plan de Dieu : l’Enfant-Jésus dont il était le père nourricier, il savait qu’il est le Sauveur des hommes et que par conséquent, lui devrait s’effacer par amour de Jésus, de Marie et par amour pour nous. Pour notre salut, il a accepté une vie persécutée, mouvementée, sacrifiée.
Ayons au cœur ce triple amour en demandant à saint Joseph son aide et sa protection pour attirer sur nous son regard bienveillant, sa bénédiction et son amour.
Père Joseph Krémer, sermon pour la fête de saint Joseph
Jeudi 3 mars
Les lectures que l’Église nous offre aujourd’hui (Jr 7, 23-28; Lc 11, 14-23) peuvent être définies comme un dialogue entre les plaintes de Dieu et les justifications des hommes. Dieu, le Seigneur, se plaint. Il se plaint de ne pas avoir été écouté tout au long de l’histoire. C’est toujours la même chose : « Écoutez ma voix… Je serai votre Dieu… Tu seras heureux… » « Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais conseils de leur cœur obstiné ; ils ont reculé au lieu d’avancer » (Jr 7, 23-24). C’est l’histoire de l’infidélité du peuple de Dieu.
Cette plainte de Dieu vient parce que cela a été un travail très, très grand, ce travail du Seigneur pour enlever l’idolâtrie du cœur de son peuple, pour le rendre docile à sa Parole. Mais eux, ils prenaient cette route pendant quelque temps et puis ils faisaient marche arrière. Et ainsi pendant des siècles et des siècles, jusqu’au moment où Jésus est arrivé. Et il s’est passé la même chose avec le Seigneur, avec Jésus. « Cet homme, Jésus, chasse les démons avec le pouvoir de Béelzéboul. » (Mt 11, 15) C’est comme dire : « C’est un soldat de Béelzéboul, ou de Satan, ou de la clique de Satan », c’est pareil. Ils se justifient de ne pas avoir écouté l’appel du Seigneur. Ils ne pouvaient pas l’entendre : ils étaient tellement, tellement fermés, loin du peuple, et cela, c’est vrai.
Notre Saint-Père le pape François, 27 mars 2014
Vendredi 4 mars
Premier Vendredi du mois, Saint Casimir
Habituons-nous aux épreuves de la vie en invoquant saint Joseph, lui demandant de nous les rendre plus légères, de nous aider à les porter. Comprenons, comme lui, que la vie de la terre n’est pas le Paradis. Elle n’est qu’un passage nécessairement éprouvé. Seulement, la vie de saint Joseph nous montre que ses épreuves ont tout de même été sagement mesurées par la Providence. Donc, gardons confiance : nous pouvons vivre en portant notre croix chaque jour, parce que cette croix nous est mesurée. Plus Dieu nous éprouve, plus il nous donne de forces pour porter notre fardeau.
Notre Père, 1er mai 1991
Samedi 5 mars
Premier Samedi du mois
Rappelons-nous l’apparition de saint Joseph avec la Sainte Vierge et l’Enfant Jésus à Fatima, le 13 octobre ; car Fatima est le rappel du catéchisme, surtout dans les points les plus contestés. Mais c’est davantage aussi. En effet la présence de saint Joseph à Fatima est non seulement un rappel à la dévotion qu’on doit avoir pour lui, mais aussi une marque que le ciel nous donne de la puissance de ce saint pour les temps que nous allons vivre.
C’est une apparition de la Sainte Famille. Saint Joseph bénit le monde avec le geste du prêtre, faisant de la main un geste en forme de Croix. Cela doit nous donner une forte impression et nous faire nous demander s’il n’y a pas encore un secret à révéler à la fin des temps. Jésus nous a offert son Cœur, puis le Cœur Immaculé de sa Mère, peut-être va-t-il nous offrir la puissance de saint Joseph comme patron dans les temps apocalyptiques qui vont venir. Jésus aime qu’on prie la Vierge Marie, et ces deux saints Cœurs aiment qu’on prie saint Joseph, car leurs Cœurs brûlent d’amour pour lui.
Donc tout ce que nous demanderons par saint Joseph, nous l’obtiendrons. Il me semble que cette maxime est bonne dans les temps que nous allons vivre. La dévotion à saint Joseph est une dévotion que nous devons réveiller dans nos cœurs.
Notre Père, 19 mars 1988
Dimanche 6 mars
4e dimanche de Carême : Lætare
Sainte Colette, Saintes Perpétue et Félicité
La parabole de l’enfant prodigue exprime cette attente fidèle de Dieu : le père allait tous les jours sur la terrasse pour voir si son fils rentrait. Il attendait. Et quand il l’a vu, il s’est dépêché de sortir et il s’est jeté à son cou. Dieu qui attend, c’est aussi Dieu qui pardonne : Il est le Dieu de la miséricorde : il ne se lasse pas de pardonner. C’est [l’homme] qui se lasse de demander pardon, mais Dieu ne se lasse pas. Soixante-dix-sept fois sept fois : toujours. Du point de vue de l’entreprise, le bilan est négatif : Dieu perd toujours : il perd dans le bilan des affaires, mais il est vainqueur dans l’amour car il est le premier à accomplir le commandement de l’amour. Il aime, il ne sait pas faire autrement.
Et quand l’homme revient à lui, Dieu fait un autre banquet, comme le père de l’enfant prodigue… La vie de toute personne, de tous les hommes, de toutes les femmes, qui ont le courage de s’approcher du Seigneur, trouvera la joie de la fête de Dieu. – « Mais Père, j’ai tellement de péchés, je ne sais pas s’il sera content. – Essaye ! Si tu veux connaître la tendresse de ce Père, va vers lui et essaye ! Après, tu me raconteras ! »
Notre Saint-Père le pape François, 28 mars 2014
Lundi 7 mars
Saintes Perpétue et Félicité, Saint Thomas d’Aquin
Même sur la Croix, Notre-Seigneur était plein de joie à la pensée de l’œuvre qu’il accomplissait. La grâce du Carême, c’est d’arriver à aimer la Croix, et Jésus sur la Croix. Nous vénérons la Croix parce qu’elle est l’instrument de notre salut et la manifestation de l’amour du Cœur de Jésus et de Marie. Comment avoir l’amour de la Croix en ce dimanche de Lætare ?
Un jour, j’ai eu une petite lumière. J’ai médité sur Jésus en train de pardonner à la femme adultère. Il le peut, il est Dieu, mais il sait qu’il faudra payer. En effet, la pénitence doit être égale au crime, car Dieu, dans sa sainteté, doit être vengé de toute injustice. Ainsi, lorsque Jésus pardonne à cette femme, il prend sur lui son péché, mais il pense déjà à ses souffrances de la flagellation, de la couronne d’épines. Il est tout heureux à l’idée de cette monstrueuse iniquité de la Croix parce qu’il y voit avec joie le moyen de sauver les âmes.
Notre Père, 26 mars 1995
Mardi 8 mars
Saint Jean de Dieu
Au chapitre septième de saint Jean, la Pentecôte, fête des “ Semaines ”, est l’occasion d’une violente altercation sur le sabbat, à la suite de la guérison du paralytique de la “ piscine des brebis ”. Jésus le guérit en lui ordonnant non de se plonger dans la piscine mais de porter son grabat. Or, c’était un jour de sabbat ! Jésus montrait par là que le sabbat était périmé : « Mon Père ne cesse de travailler et moi aussi je travaille. » (Jn 5, 17) Ça n’est pas une vue théologique : « Or il existe à Jérusalem, près de la Probatique, une piscine qui s’appelle en hébreu Béthesda et qui a cinq portiques. » (Jn 5, 2) Encore un détail topographique confirmé de manière aussi frappante qu’inattendue par l’archéologie : « Non seulement il révèle une connaissance intime de Jérusalem avant 70, remarque l’exégète anglican Robinson, car les cinq portiques devaient être ensevelis sous les décombres pendant des siècles pour n’être révélés que récemment par la pioche de l’archéologue, mais Jean dit non pas “ il existait ”, mais “ il existe ”. » C’est génial ! Notation prise sur le vif par un témoin oculaire de ce miracle à la suite duquel les juifs cherchent à faire mourir Jésus (Jn 5, 18).
Frère Bruno de Jésus-Marie, 10 avril 2011
Mercredi 9 mars
Sainte Françoise Romaine, Saint Dominique Savio
« “ Mon Père travaille jusqu’à présent, et moi aussi je travaille. ” Voilà donc pourquoi les juifs n’en cherchaient que plus à le tuer : parce que non seulement il violait le sabbat, mais il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant l’égal de Dieu. » Mais en guérissant cet homme, Jésus prouvait qu’il disait vrai. Et il le démontrera encore plus le jour de sa résurrection, où il entrera définitivement dans ce repos divin, afin de nous y faire entrer à notre tour pour nous donner la Vie éternelle, en rendant la vie à nos os desséchés, comme il avait rendu la vie à la main desséchée de cet homme.
Eh bien ! nous autres, nous avons la grâce, le privilège, sans mérite de notre part, de pratiquer, plutôt que le sabbat, le premier samedi du mois, pratique demandée par Notre-Dame à sœur Lucie à Pontevedra le 10 décembre 1925, afin de gagner la Vie éternelle, d’entrer dans notre repos.
En vertu de cette révélation, qui complète celle du 13 juillet 1917 où Notre-Dame annonçait que pour arracher les âmes à l’enfer, Dieu voulait établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, nous comprenons mieux le dessein du Père : « Car le Père ne juge personne : tout le jugement il l’a remis au Fils, pour que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. »
Et le Fils a remis à sa Mère la puissance de faire Miséricorde, pour que tous honorent la Mère, comme ils honorent le Fils.
Frère Bruno de Jésus-Marie, 6 mars 2004
Jeudi 10 mars
Ste Marie-Eugénie Milleret, Quarante Martyrs de Sébaste
Sur la terre, on ne sait pas… Souvent, à mesure que les âmes montent, elles perdent l’estime de ceux qui les entourent. De même qu’un ballon s’élevant dans les airs semble de plus en plus petit, ainsi la sainteté la plus sublime est parfois méprisée. Sachant cela, nous « ferions cas de la gloire qu’on reçoit les uns des autres » ?
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
Vendredi 11 mars
L’attente de la “ foule ” se porte sur le Messie, fils de David, roi sage et juste, objet de la promesse à Jérusalem comme en Samarie. On lisait dans le livre de Daniel qu’il viendrait “ avec les nuées du Ciel ” et serait donc un être divin. Il aurait tout de même une origine humaine, “ comme un fils d’homme ”, et il recevrait l’investiture d’une royauté universelle et éternelle (Dn 7, 13-14). Le psaume 110 annonçait aussi que le Messie, fils de David, paraîtrait revêtu des “ ornements sacrés ”, insignes du sacerdoce. Il serait donc non seulement roi mais prêtre, non pas à la manière d’un lévite, ni d’un descendant d’Aaron, mais “ selon l’ordre de Melchisédech ”. Ce personnage mystérieux, “ roi de Salem ” et “ prêtre du Très-Haut ”, qui apporta à Abraham “ du pain et du vin ” (Gn 14, 18), “ est sans père ni mère, sans généalogie ”, comme dit l’Épître aux Hébreux. Comment appliquer ces somptueuses prophéties à Jésus, dont l’origine est connue pour sa modestie : “ Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie ? ” (Mt 13, 55) Jésus ne le nie pas. Quand même, il n’hésite pas à proclamer son origine divine : “ Vous me connaissez et vous savez d’où je suis, et pourtant ce n’est pas de moi-même que je suis venu mais il m’envoie vraiment, Celui qui m’a envoyé. Vous, vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais, parce que je viens d’auprès de lui et c’est lui qui m’a envoyé. ”
Les chefs ont très bien compris : voilà qu’il se fait encore l’égal de Dieu ! Le nœud de la contradiction est là, qui la rend inexpiable, mortelle. Aussi veulent-ils le saisir pour le lapider. Mais son “ Heure ” n’est pas encore venue et il leur échappe.
Notre Père, CRC n° 343, février 1998
Samedi 12 mars
Saint Grégoire Ier
J’ai lu, cette nuit, la vie de Saint Grégoire le Grand, qui vécut au début du VIe siècle – qui était un petit homme malingre sans grande santé – quelle vie ! Quel pape ! Dans les difficultés de son âge, difficultés inouïes de toutes sortes, quelle sainteté, quelle intelligence, quel dévouement au service de l’Église, de la foi ! Saint Léon explique : « C’est ainsi qu’il faut célébrer la fête d’aujourd’hui par un hommage spirituel afin que, en mon humble personne, on discerne Celui en qui se perpétue la sollicitude de tous les pasteurs, lorsqu’il garde ses brebis selon le mandat qu’il en a reçu et sa dignité ne disparaît pas lorsqu’elle tombe aux mains d’un indigne successeur. » Quand on compare saint Léon, saint Grégoire le Grand avec les derniers pontifes dont nous subissons les mauvais traitements, nous pourrions nous rebeller et dire avec les donatistes qu’ils ne sont plus papes, plus évêques, mais nous gardons la sagesse que Jésus a imprimée à toute l’Église par les paroles qu’il a données à Saint Pierre. Elles valent pour tous ses successeurs. Au lieu de faire des schismes, il n’y a qu’à rester dans la voie droite puis attendre que le Christ se souvienne de son Église et qu’il fasse de cette tempête l’objet d’un miracle pour que l’Église retrouve sa tranquillité.
Notre Père, 12 mars 1996
Dimanche 13 mars
1er dimanche de la Passion
« Erue a framea Deus animam meam et de manu canis unicam meam. » Ce verset de tierce du dimanche de la Passion nous introduit bien dans cette nouvelle partie du Carême, dans cette dernière partie du Carême où nous allons suivre Notre-Seigneur, pour ainsi dire pas à pas, jusqu’au jour de son martyre sur la Croix.
« Seigneur, délivrez mon âme du tranchant de la hache, délivrez mon unique, ma vie unique, de la main du chien. » En termes imagés empruntés aux psaumes, c’est le souvenir des persécutions, de la lutte, de l’agonie au sens étymologique du mot, de la lutte mortelle que Jésus a eue à subir de la part de ses ennemis. Ainsi notre Carême change d’orientation, de tournure, de visage aujourd’hui, dans ce premier dimanche de la Passion, d’une manière très nette.
La Passion, c’est la grande souffrance du Christ. Pendant ce temps de la Passion, il nous faut pâtir avec lui pour entrer dans sa gloire. (à suivre)
Notre Père, 31 mars 1967
Lundi 14 mars
Sainte Mathilde
Pendant ces deux semaines qui nous séparent de Pâques, non seulement l’Église nous demande de continuer à faire pénitence, mais elle nous demande de réserver toute notre attention à Jésus. Nous le ferons dans notre vie de communauté, nous le ferons dans nos propres lectures spirituelles, nos méditations.
Qu’allons-nous donc contempler dans cette vie de Notre-Seigneur pendant ces quinze jours ? L’Église nous demande d’abord de le suivre dans sa Passion, c’est-à-dire dans sa souffrance de Jérusalem, dans son agonie, c’est-à-dire dans sa lutte, dans ce grand combat qu’il a soutenu lorsque, tournant son visage avec résolution vers Jérusalem, il est monté dans la cité sainte, où il savait quelle haine l’attendait, à quelle persécution il s’affrontait ; et Jésus le faisait, parce qu’il est nécessaire qu’un prophète ne meure pas hors de la ville sainte. (à suivre)
Notre Père, 31 mars 1967
Mardi 15 mars
Pendant ces jours de la Passion, nous ne serons donc pas simplement abîmés dans la douleur à la pensée des peines de Jésus : nous serons d’abord des lutteurs, des combattants avec Jésus. Nous l’accompagnerons chaque matin, lorsqu’il montait au Temple de Jérusalem pour convaincre ou pour confondre ses ennemis au milieu d’une foule sans cesse grossissante. Jésus seul – ses Apôtres ne comptent guère –, livre là un combat terrible contre l’erreur, contre l’ignorance, contre la mauvaise volonté, contre la haine de ceux qui finalement cherchent à le faire mourir et qui, chaque jour, lui tendent des pièges pour le prendre en défaut ; et s’ils ne portent pas la main sur lui, s’ils ne l’entraînent pas à la lapidation ou à la précipitation dans l’Ophel, c’est uniquement parce que la foule est là, dont ils ont crainte.
Voilà donc, cette semaine, notre manière de vivre la Passion et de nous engager davantage sur les pas de Jésus. Le cœur palpitant, nous écoutons ses controverses, qui sont comme des coups d’épée où Jésus traite avec une extrême dureté ses adversaires, et cela afin de laisser triompher dans une lumière presque insoutenable ses droits à la royauté, ses droits à la divinité, sa vérité totale. Il faut donc, pour ainsi dire, se battre avec lui, pour ensuite mériter de souffrir avec lui. (à suivre)
Notre Père, 31 mars 1967
Mercredi 16 mars
Bse Bénédicte
Nos contemporains, je vous le disais, arrivent très mal à faire cette conjugaison des combats de Jésus avec le Sacrifice de Jésus. C’est en arrivant au point ultime de son combat, au moment où ses adversaires ont peut-être le plus de crainte de lui, de sa puissance, tellement il la manifeste dans ce combat, que Jésus tout d’un coup se rend, pour ainsi dire, s’abandonne entre leurs mains.
Il y a en ce Jésus des dernières semaines à Jérusalem, tel que nous le livre saint Jean, un homme de Croisade et un homme de persécution. Tout à la fois, il provoque ses ennemis, il veut manifester la gloire de Dieu par la force, et en même temps, il se livre et s’abandonne d’une manière mystérieuse. Il témoigne de la vérité en la prêchant, en convainquant ses ennemis d’erreur, en les méprisant pour ainsi dire, en les entraînant dans la contradiction, en révélant le fond de leur âme mauvaise. Ainsi il est vainqueur et, au moment où il apparaît le plus vainqueur, il se laisse prendre, il se laisse vaincre, il ne répond plus à ceux qui le persécutent, il est comme un agneau qu’on emmène à la boucherie et qui n’ouvre même pas la bouche. Voilà le mystère ! (à suivre)
Notre Père, 31 mars 1967
Jeudi 17 mars
Saint Patrice
Ce n’est que durant la Semaine sainte, que nous accéderons comme à une étape supérieure avec lui, lui qui après s’être bien battu, lui qui après avoir terrassé ses adversaires par la force de son génie, par la lumière de sa révélation divine, s’abandonne entre leurs mains après le triomphe des Rameaux, comme si tout cela était consommé, comme si la bataille des idées ayant été achevée à son avantage, il y avait une autre bataille qu’il avait à subir, celle du sacrifice expiatoire. C’était une liturgie qui commençait, tout autre chose, préparée par le combat des idées. Convaincus de sa puissance, convaincus dans leur raison que Jésus était Fils de Dieu, et décidés à le rejeter, ces juifs montent un complot contre lui, le prennent, le jugent, et c’est à ce moment que, sans s’en apercevoir, ils réalisent la volonté de Dieu. Jésus s’abandonne entre leurs mains pour entrer dans sa Passion, dans ce sacrifice expiatoire qui était nécessaire.
Notre Père, 31 mars 1947
Vendredi 18 mars
Saint Cyrille de Jérusalem
La Sainte Famille est le modèle de l’Église, l’Église est le modèle de la société temporelle. « si vous voulez le salut du monde, écrivait notre Père au lendemain du Concile, recréez de saintes familles et d’autres Nazareth ! » Dans la crise terrible qui menace le monde, il faudra nous en souvenir. D’où l’invocation qu’il a initiée en 1987 : Cœur très pur, très généreux et tout-puissant de saint Joseph, régnez sur nous, gouvernez-nous, sauvez-nous !
« Il me semble, annonçait-il un jour, que va se lever dans le monde en quelque endroit un berger ou un ignorant quelconque et qui va faire savoir au monde que tant qu’on n’aura pas invoqué saint Joseph, on ne sera pas sauvé, et que Jésus ne peut résister aux demandes de la Sainte Vierge et que la Sainte Vierge ne peut qu’obéir à saint Joseph, parce que c’est lui le patron. »
Frère Thomas de Notre-Dame du Perpétuel Secours, Il est ressuscité, mars 2009
Samedi 19 mars
Saint Joseph
Saint Joseph est le patron de l’Église, tout-puissant dans les Cieux. Il exerce cette puissance dans l’Église d’une manière ordinaire et quotidienne en inspirant la vertu à ceux qui font marcher les maisons religieuses. Il est miraculeux que, à travers tant de siècles, tant de monastères aient pu vivre. Le miracle est fondé sur la vertu de saint Joseph. L’exemple de saint Joseph, charpentier toute sa vie, inspire de vivre comme lui, d’avoir son esprit : la perfection de l’amour de Dieu dans la vie la plus humble. Voilà les grâces qu’accorde saint Joseph. Pauvre vie que la sienne, mais glorifiée à l’extrême. Saint Joseph fait vivre l’Église en faisant vivre les religieux d’une manière vertueuse, joyeuse, fervente, dans les humbles tâches.
Que chacun de nous demande à saint Joseph le courage de la vertu dans la situation qui nous est faite. Portons dans notre cœur l’amour de saint Joseph, l’amour de sa vie exemplaire et cet amour, c’est l’amour de notre vocation. En aimant notre vocation, en vivant selon l’esprit de saint Joseph, nous donnons un bel exemple de Nazareth à ceux qui viennent nous voir. Cette vie n’est pas naturelle. Donc, implorons saint Joseph ! Remercions saint Joseph de son intercession puissante pour que tout marche bien dans cette maison et continuons à lui demander ses grâces.
Notre Père, 19 mars 1976
Dimanche des Rameaux
La leçon de cette fête des Rameaux est tellement importante ! Elle nous montre que notre religion, c’est la Vérité que Jésus a imposée, a fait luire aux yeux mêmes de ses ennemis et pour laquelle il est mort. Ce n’est pas un rêve. Il a dit qu’il est le Fils de Dieu, le Messie attendu. Il l’a prouvé et le peuple l’a reconnu publiquement. Il a su qu’il allait être mis à mort et il l’a voulu. Il a annoncé sa Résurrection, son triomphe final, le châtiment de ses ennemis, la ruine de Jérusalem et le salut éternel de ceux qui croiront en lui. Tout est prêt à ce moment-là pour que le drame se passe. Tout est prévu, y compris le châtiment de ses ennemis et le salut de ceux qui le suivront à travers ce drame. Nous n’avons plus qu’à revivre ce drame pendant ces Jours saints. (à suivre)
Notre Père, 30 mars 1980
Lundi saint
Revivre ce drame, c’est : Lundi, Mardi, Mercredi saints, méditer dans notre Évangile ces controverses terribles de Jésus contre les pharisiens, y assister et prendre le parti du Christ. Les Jeudi, Vendredi et Samedi saints, ce sera de lui être fidèles alors même que ses Apôtres l’ont trahi, lui être fidèles par notre dévotion, notre compassion, afin de pouvoir ressusciter avec lui le jour de Pâques. Je dis bien “ ressusciter ”, c’est-à-dire nous trouver envahis d’une vie, qui est un signe, un commencement de la béatitude éternelle, car ceux qui croiront et seront baptisés seront sauvés ; ceux qui ne croiront pas seront condamnés.
Notre Père, 30 mars 1980
Mardi saint
Nous sommes donc, dès maintenant, introduits dans ce mystère qui ne va plus nous lâcher jusqu’au matin de Pâques, jusqu’au matin de la Résurrection : le mystère du Cœur Sacré de Jésus. J’oserai ajouter : le mystère du Cœur Immaculé de Marie, qui, bien qu’elle ait été séparée aux yeux des hommes d’avec lui, ne faisait plus qu’un avec lui dans cette Cène.
Le Cœur de Jésus ! Jésus homme comme nous ! qui a vécu avec les Apôtres, jour et nuit, sans jamais les quitter, les formant peu à peu à l’œuvre pour laquelle il les avait choisis, les exhortant, les réconfortant, peu à peu les transformant, et cependant ils ne sont pas encore prêts, il le sait bien. Il leur enverra plus tard le Saint-Esprit. Mais alors il se sent pris de pitié, de compassion pour eux. Au moment déjà où l’ennemi rôde, au moment où déjà le traître quitte le banquet pour aller comploter la perte de son Maître et toucher son sale argent – Judas part pour retrouver les prêtres et comploter l’arrestation de Jésus –, les Apôtres se sentent tout chose, tout inquiets, alors Jésus les console, leur parle longuement avec beaucoup d’affection, et non seulement cela, il institue la sainte Eucharistie.
Notre Père, 3 avril 1980
Mercredi saint
Cette semaine, pensons beaucoup à la douleur de Jésus et disons-nous à nous-mêmes : “ C’est pour moi. Même si j’avais été seul au monde, il l’aurait fait. Il l’a fait pour moi ”. Embrassons le crucifix et disons : “ Pour moi. Merci Jésus ! Pour moi. ” Jésus, qui a choisi de passer par cette voie, nous appelle à le suivre sur le même chemin d’humiliation. Lorsque, à certains moments de notre vie, nous ne trouvons aucune voie de sortie de nos difficultés, lorsque nous plongeons dans l’obscurité la plus dense, c’est le moment de notre humiliation et de notre dépouillement total, l’heure où nous expérimentons que nous sommes fragiles et pécheurs. C’est justement alors, à ce moment-là, que nous ne devons pas cacher notre échec, mais nous ouvrir avec confiance à l’espérance en Dieu, comme l’a fait Jésus.
Notre Saint-Père le pape François, 16 avril 2014
Jeudi saint
Jésus se donne à chacun de ses Apôtres et il va se donner à chacun d’entre nous ce soir, grâce à l’action du prêtre, action de mémorial de ce qui s’est passé dans ce Jeudi saint. Comme Jésus a dit de refaire les choses, et en même temps qu’il a créé ce sacrement de l’Eucharistie ce soir-là, il a créé le sacrement du Sacerdoce, disant à ses Apôtres de refaire ses gestes, de redire ses paroles. Que peut-on donner de plus ? On peut donner ses biens extérieurs à soi-même, mais on peut donner son être même. Et celui qui veut vraiment donner tout son esprit, toute son âme, tout son cœur, tout son amour, toute son intelligence, toute sa volonté, comment peut-il l’exprimer davantage ? Par des paroles ? Ce n’est pas tellement vrai que de se donner lui-même. Jésus, en donnant son Corps et en donnant son Sang – le sang est le symbole de la vie – nous montre qu’il nous donne tout lui-même. En recevant son Corps et son Sang ce soir, c’est tout lui-même que nous allons recevoir comme les Apôtres l’ont reçu une première fois.
Notre Père, 3 avril 1980
Samedi saint
Veillée pascale
En plein vingtième siècle, notre foi nous dit : sachons comprendre l’épreuve, les épreuves que nous vivons. Quand on me parle d’une guerre nucléaire, je dis que ce ne sera jamais aussi terrible que le déluge qui a enseveli toute l’humanité pécheresse. C’est du même genre ? Eh bien, s’il y a une guerre nucléaire, il y aura aussi une arche et cette arche, je la connais, c’est l’Église. On me dit : mais vous savez, demain, ce sera la révolution ! Il y a des persécutions qui se préparent en comparaison desquelles les persécutions des premiers chrétiens, les persécutions des Juifs par les Grecs autrefois, ne sont rien du tout. Les persécutions vers lesquelles nous marchons sont terribles. Eh bien, ce sera comme les Égyptiens qui persécutaient les Israélites ! Il se lèvera un nouveau Moïse, nous savons bien qui c’est : c’est le Pasteur des pasteurs, c’est le Souverain Pontife. Il se lèvera un autre Christ qui nous guidera à travers la persécution, à travers cet océan, cette mer de sang des martyrs qui nous guidera vers le salut. Ainsi, nous avons réponse à tout.
Alors, je dis que cette fête de Pâques, c’est le modèle, le type de toutes nos épreuves. Les Américains appellent cela un pattern. C’est un modèle général qui donne la solution de toutes sortes de problèmes en toutes sortes de domaines différents. On introduit cela dans la machine et la réponse vient. Nous dirons que notre modèle, c’est le passage de Jésus-Christ à travers la mort vers la vie éternelle. Et le passage, cela se dit : Pâques. Et Pâques, c’est le passage.
Notre Père, 6 avril 1980
Dimanche de Pâques
L’Introït de la Messe de Pâques chante la Résurrection du Seigneur et lui donne son sens profond. Avant même d’apparaître aux Apôtres et de donner à Madeleine son joyeux message, le Fils retrouve l’usage de la parole humaine et la plénitude de la vie pour dire à son Père très aimé sa joie et son merci ! Que tout cela est mystérieux ! Que ce mystère baigne dans un climat d’amour insondable, de même teinte et de même chaleur, pourrait-on dire, que nos tendresses terrestres de père et de fils… C’est un père qui retrouve son enfant chéri, c’est aussi Dieu même qui introduit le Seigneur, premier-né d’entre les morts, dans sa Gloire inaccessible. Cette Humanité sainte, marquée encore des stigmates de ses souffrances, c’est son Fils Bien-Aimé en lequel il se retrouve ; il reconnaît avec joie en Jésus transfiguré celui même qu’il engendre et aime de toute éternité comme le miroir de sa Grandeur, l’expression parfaite et manifeste de son être souverainement sage et bon. (à suivre)
Lundi de Pâques
Mais voici que Jésus sort du tombeau, victorieux de la mort, encore capable de pardonner et de proposer son amour aux hommes repentis. Que dit-il ? « Je suis ressuscité et de nouveau je suis avec vous, et jusqu’à la consommation des siècles », paroles merveilleuses pour ceux qui avaient douté et déjà désespéraient ! Peut-être le peuple déicide est-il définitivement abandonné et son reniement a-t-il scellé son destin, mais la jeune Église a retrouvé son amour, elle ne saurait être veuve maintenant, car son époux est là, d’une invisible mais attentive et tendre présence. Nul ne pourrait maintenant l’atteindre de ses coups. Il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire, c’est vrai, mais il fallait qu’il entre dans sa gloire pour n’être plus ici ou là, sujet à la limitation des lieux et des temps, prisonnier de sa matière terrestre, et pour être vraiment à son Église dans tous ses membres. « Il vous est bon que je m’en aille », leur disait-il, car cette nouvelle présence est meilleure que ne l’était l’ancienne. Le Corps du Seigneur ressuscité est maintenant un Temple spirituel, immense, qui nous contient tous, sa Parole est une vérité que nul ne peut tenir prisonnière et qui résonne jusqu’aux extrémités de la terre, sa Vie est un Esprit de grâce et d’amour qui nous atteint par les mille canaux des eaux baptismales, sa Chair est un Pain dont les fidèles se rassasient autour de toutes les tables eucharistiques de l’univers. Si le Père céleste connaît son Verbe divin sous l’enveloppe de la chair transfigurée, l’Église connaît maintenant son Époux à travers cette chair transfigurée comme la présence de la divinité même du Fils de Dieu.
Notre Père, Lettre à mes amis n° 13
Mardi 29 mars
Sainte Gladys
« Je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. » C’est une parole très énigmatique, mais très riche et qui, pour nous, est une source de joie. Quand Jésus, en plein dans ses polémiques, dit que le Père et lui sont un, c’est en vertu de la paternité que le Nom même de son Père désigne : il est le Père et il est le Père de Jésus-Christ. Et donc, c’est mon Père à moi, Jésus, comme jamais il ne sera de vous, même si vous vous convertissez et que vous devenez saints. C’est mon Père et c’est mon Dieu, à un titre irremplaçable et absolument inégalable. Mais après sa Résurrection, il pouvait très bien dire à Marie-Madeleine : « Je monte vers mon Père et votre Père » parce que, dans l’effusion de sa grâce capitale de Rédempteur, c’est vrai qu’il nous donne de sa propre vie, de son propre sang, de sa propre âme, une filiation qui est une filiation divine, puisque saint Pierre nous dit que, par le baptême, nous participons de la nature divine, avec lui !
Notre Père, retraite sur la Circumincessante Charité, 1997
Mercredi 30 mars
Octave de Pâques
Pensons aux deux disciples d’Emmaüs : le visage triste, une marche vaine, sans espérance. Mais Jésus ne les abandonne pas : il parcourt le chemin avec eux, et pas seulement ! Avec patience, il explique les Écritures qui le concernaient et il reste avec eux pour partager le repas. C’est le style de Dieu : il n’est pas impatient comme nous, nous qui voulons souvent tout et tout de suite, même avec les personnes. Dieu est patient avec nous car il nous aime, et qui aime comprend, espère, fait confiance, n’abandonne pas, ne coupe pas les ponts, sait pardonner. Souvenons-nous de cela dans notre vie de chrétiens : Dieu nous attend toujours, même quand nous nous sommes éloignés ! Lui n’est jamais loin, et si nous revenons à lui, il est prêt à nous embrasser.
Notre Saint-Père le pape François, 7 avril 2013
Jeudi 31 mars
Si Jésus ressuscitant a repris du tombeau son corps formé de sa chair, d’os, de nerfs, de sang, où est-il passé ? Il est là, déjà dans son état glorieux. Si la lumière ne jaillit pas de lui comme du soleil, c’est qu’il éteint cette lumière par une volonté accidentelle pour ne pas éblouir les Apôtres et il leur paraît comme dans le cours de sa vie terrestre. Mais, comme il s’en va d’un point à l’autre, traverse les murailles, il est dans son état glorieux. On ne peut écrire un chapitre de biologie concernant les corps glorieux puisque c’est un cas unique, mais on n’a qu’à accepter ce qui nous est dit. C’est un corps qui a des os, qui mange, etc. Mais où est-il maintenant ? C’est là qu’on voit la trahison de ceux qui disent que le corps de Jésus montant au Ciel, est sorti de l’espace et du temps. Le Ciel, c’est comme la terre. Il a toutes les propriétés de la terre, mais dans un état glorieux. Nous aurons le bonheur de vivre dans une nouvelle terre, de nouveaux Cieux et nous retrouverons Jésus-Christ tel qu’il a vécu en son temps et la Vierge Marie aussi, avec ses os, sa chair. Jésus est un bon pédagogue : nous le verrons et il nous assurera qu’il est bien ressuscité et nous mangerons ensemble.
Notre Père, 8 avril 1994

